Le COBARIC mène un projet-pilote contre la renouée du Japon

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Par Frederic Desjardins
Le COBARIC mène un projet-pilote contre la renouée du Japon
La renouée du Japon pousse autant près des cours d’eau que sur les terres planes, comme au Domaine Taschereau à Sainte-Marie. (Photo : Gracieuseté - COBARIC)

Le Comité de bassin de la rivière Chaudière (COBARIC) a développé une expertise dans l’éradication de la berce du Caucase. L’organisme s’attaque maintenant à la renouée du Japon.

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« Le COBARIC a un projet test au Domaine Taschereau, à Sainte-Marie. Nous nous sommes inspirés d’une technique qui a fait ses preuves en France : la compétition végétale. Nous arrachons les plants épars et nous plantons du saule de l’intérieur. Nous aurions pu utiliser le saule des vanniers, comme en France. Nous avons privilégié une espèce indigène (au lieu d’exotique) pour revégétaliser la nature », explique Émilie Sirois, chargée de projets en communications au COBARIC.

Reconnue comme espèce végétale envahissante, la renouée du Japon peut tuer les autres plantes et éroder les berges. La partie visible (tiges, feuilles, fleurs, fruits) ne représente que le tiers de sa biomasse. C’est avec ses racines que la renouée fait des ravages.

« Cette espèce (saule de l’intérieur) a l’avantage de pousser rapidement. Elle mesure de quatre à cinq mètres pour surplomber la renouée du Japon, qui pousse davantage lorsqu’il y a de la lumière. Elle possède un système racinaire fort, assez pour faire compétition à la renouée », précise Mme Sirois.

Plaine inondable

Depuis une dizaine d’années, les colonies de renouée du Japon se multiplient en Chaudière-Appalaches, surtout près des rivières Chaudière et Etchemin. La renouée est aussi visible sur des terrains publics et privés. Pourquoi avoir choisi le Domaine Taschereau comme site d’essai ?

La renouée du Japon est reconnaissable par sa tige creuse, semblable à une canne de bambou.

« Le Domaine Taschereau est une plaine inondable, propice à la propagation de la renouée du Japon. C’est également un site à valeur écologique, qui met en valeur la biodiversité faunique et floristique. Nous agissons pour préserver sa biodiversité et tester en même temps l’efficacité de la compétition végétale, avec une espèce indigène », dit Émilie Sirois.

Afin de mener à bien son projet-pilote, le COBARIC intervient à neuf endroits dans le parc, où il y a des plans épars (six) et colonies denses (trois). On retrouve notamment une colonie dense près du pont des Bénévoles, ainsi que trois colonies éparses le long de la rivière Chassé.

Amorcé en juin dernier, le projet-pilote se conclura en octobre 2021. Celui-ci est financé par la Fondation de la faune du Québec (20 000 $), le COBARIC (5171 $) et la Corporation du Domaine du Seigneur Taschereau (3400 $), pour un total de 28 571 $.

« Nous continuerons d’arracher la renouée l’année prochaine, puis nous observerons les résultats obtenus au cours des cinq années suivantes. Si cette méthode n’est pas aussi efficace que prévu, il sera facile de planter le saule des vanniers, sans que cela coûte plus cher », conclut Émilie Sirois.

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