«Il est où mon frère, il est où Éric Poirier?», implore Roger Poirier

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
«Il est où mon frère, il est où Éric Poirier?», implore Roger Poirier
Éric Poirier. (Photo : capture d'écran)

DISPARITION. Début 2001, lors d’un souper familial du temps des Fêtes à Saint-Joseph-de-Beauce, Roger Poirier sent bien que son frère Éric est préoccupé. Dans sa grande discrétion, bien qu’interpellé par ses proches et ayant les larmes aux yeux, il ne s’ouvrira pas sur la source de ses craintes.

Porté disparu à partir du 10 janvier 2001, le véhicule d’Éric Poirier, un Ford Van 2000 de couleur blanche, immatriculé FX68604, est retrouvé le 21 janvier de la même année. Depuis, sa famille n’a jamais eu de nouvelles sur sa nouvelle vie ou sa mort. Une absence d’informations qui amène Roger Poirier à critiquer le travail des forces de l’ordre.

Reconnaissant que son frère était dans le commerce de la drogue, Roger Poirier déplore que la Sûreté du Québec ait, à son avis, déployé plus d’efforts à saisir ses biens, plutôt que de trouver et d’interroger ses connaissances et fréquentations de l’époque jusqu’à ce que l’une d’elles parle.
«Notre père sera décédé sans savoir. Nous, on ne pose plus de questions à la police, c’est inutile. On a juste l’impression que pour eux, c’est mieux de mettre des effectifs à patrouiller et donner des tickets que de faire un minimum d’effort pour trouver nos proches disparus, ou du moins, nous faire sentir que le dossier est toujours sur le bureau, que quelqu’un s’en occupe « un peu, parfois »», dénonce le frère du disparu.
«Maintenant que le cannabis est légal, il doit sûrement y avoir des enquêteurs qui n’ont plus à courir après les petits consommateurs et qui pourraient être affectés à ces tâches et relancer les enquêtes. Dans notre cas, on ne sait même plus qui s’occupe du dossier, même pas un nom, jamais de suivi, pas de nouvelles. Est-ce à nous de courir après eux?», questionne-t-il avec découragement.

«Par ses activités illicites, il semblerait que mon frère avait beaucoup d’argent. Je souhaite qu’il soit en vie, qu’il s’est poussé dans un autre pays avec son <@Ri>cash>@$p>, et qu’un jour la police le retrouve, vivant. C’est un de mes plus grands désirs et j’en rêve souvent. Pour eux, « la justice », tout ce qui compterait, c’est de retrouver et amener « un criminel » devant les tribunaux», souligne Roger Poirier en rappelant que celui dont on parle est son petit frère disparu qui célébrerait ses 50 ans cette année.

Des demandes adressées à la ministre de la Sécurité publique

Concernant la Sûreté du Québec, Roger Poirier, comme bien d’autres membres de l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues dont il fut l’un des administrateurs, voudrait que Geneviève Guilbault dépose une loi qui permettrait aux enquêteurs de consulter sans mandat le dossier médical, le matériel informatique et le dossier bancaire des personnes disparues. Comme c’est le cas aux États-Unis et dans certaines provinces canadiennes, cela permettrait d’accélérer les choses après des années de disparition croit-il.
L’homme éploré demande également à la ministre de la Sécurité de faire en sorte que les familles ne soient pas laissées dans le néant par les enquêteurs. «Minimalement, on devrait nous faire un suivi une fois par année. C’est la moindre des choses», conclut Roger Poirier.

Notons qu’Éric Poirier est de race blanche. Il mesure 1,72 m et a un poids de 87 kg. Ses cheveux et ses yeux sont bruns. Toute information permettant de retrouver cette personne peut être acheminée, confidentiellement, à la Sûreté du Québec à la centrale d’information criminelle au 1 800 659-4264.

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