Démolition de la Maison J-H-A-Chabot: le maire est furieux

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Par Hubert Lapointe
Démolition de la Maison J-H-A-Chabot: le maire est furieux
Construite en 1885, la Maison J-H-A-Chabot a entre autres abrité le premier bureau de poste, le premier magasin général, le salon de barbier d’Amédée Chabot, la petite salle de spectacle Le Chat Botté et quelques restaurants. (Photo : gracieuseté)

VALLÉE-JONCTION. Le 23 juin dernier, le visage de Vallée-Jonction a changé, alors que la Maison J-H-A-Chabot, qui comptait 135 ans d’histoire, a dû être démolie. Selon Réal Bisson, maire de la municipalité, la décision est inexplicable.

En effet, un décret gouvernemental stipule que toutes résidences inondées, et dont les dommages sont évalués à plus de 50 % de sa valeur, doit être démolie. Or, la Loi sur le développement durable adoptée en 2016 prévoit un principe de protection du patrimoine. « En vertu de quoi un décret est au-dessus de la loi? », est-il indigné.

De plus, les responsables des ministères de la Sécurité publique et des Affaires municipales et de l’Habitation ne sont pas venus prendre connaissance de la situation par eux-mêmes, et n’ont pas tenu compte des caractéristiques du milieu. Pendant ce temps, le ministère de la Culture et des Communications, qui aurait pu freiner la pelle mécanique, n’a jamais levé le petit doigt.

« Quand on applique à la lettre la règlementation sans tenir compte des particularités, enlevons les personnes et mettons des robots! […] C’est frustrant de se battre contre une machine », a-t-il poursuivi.

Le plan était prêt 

Rappelons qu’un projet est né en début d’année, visant à ouvrir à l’intérieur de la maison une boutique de produits à saveur régionale, une sandwicherie et un comptoir de crème glacée. La Municipalité était bien entendu partenaire du projet.

« On voulait repartir quelque chose qui a de l’allure et qui aurait aidé au développement touristique. […] On avait des acquéreurs qui étaient prêts à reprendre la maison et qui étaient prêts à s’engager par écrit à ne plus jamais demander des indemnités au gouvernement lors des inondations futures. Ça n’aurait pas coûté plus cher et on ne demandait rien de plus que de sauver une maison vieille de 135 ans », s’est-il exprimé.

Dans le même ordre d’idées, il a ajouté que le gouvernement aurait dû se fier à des gens qui connaissent le dossier, alors qu’un décret, qui est souvent bien pour l’ensemble, nécessite qu’on « se serve de sa tête » dans le particulier.

Parallèlement, M. le maire s’est moqué de la loi 122, adoptée le 15 juin dernier par l’Assemblée nationale du Québec, qui reconnaît que les Municipalités sont des gouvernements de proximité. Ce faisant, la loi augmenterait en théorie leur autonomie et leurs pouvoirs. « Ce n’est pas vrai! »

Réal Bisson tient à remercier le député de Beauce-Nord Luc Provençal, qui avait appuyé le projet dès le début.

À lire également: La Maison J-H-A-Chabot n’est plus

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R. Bouffard
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R. Bouffard

Dans quel glorieux Quebec vivons-nous ?
Quand nous donnons de l’autorité et le pouvoir à des fonctionnaires diplômés de CEGEP qui n’ont jamais appris ce que c’est un bien historique, ne sont pas orienté vers la connaissance de l’histoire, c’est le résultat.
Le maire à raison d’être fâché. Moi aussi.
À remarquer que je n’ai pas le COVID, mais je fais de la fièvre quand je prends connaissance d’une décision semblable.