Coronavirus: le réseau des ressources intermédiaires sur le point de craquer

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Par Hubert Lapointe
Coronavirus: le réseau des ressources intermédiaires sur le point de craquer
L'aide du gouvernement ne serait pas de refus pour les ressources intermédiaires d’hébergement. (Photo : libre de droits)

AÎNÉS. Congés de maladie forcés, mesures d’hygiène augmentées, stress accru des résidents et des employés, équipement de protection non disponible et augmentation des coûts liée à l’achat du matériel et des salaires des employés. Telles sont les difficultés rencontrées chez les quelque 960 ressources intermédiaires du Québec, lesquelles hébergent 16 000 personnes âgées particulièrement vulnérables à la COVID-19.

Selon l’Association des ressources intermédiaires d’hébergement du Québec (ARIHQ), les ressources intermédiaires ne peuvent pas supporter davantage de pression. L’ARIHQ demande donc au gouvernement une aide d’urgence afin de pouvoir garantir la santé et la sécurité des résidents qu’elles hébergent.

Le Pavillon Parent de Saint-Isidore. (Photo Facebook)

« Nous vivons depuis 2 ans une pénurie de main-d’œuvre excessive. La pandémie n’a fait qu’empirer la situation. Nous attendons du gouvernement que nos employés soient mieux payés. Nous exigeons la parité entre les préposés du réseau de la santé qui gagnent environ 21 $ l’heure et les préposés en ressources intermédiaires qui gagnent le salaire minimum. Cela fait des années que nous vivons sur le respirateur artificiel parce que nous avons peine à donner à nos employés des salaires décents », a commenté Marco Parent, président-directeur général du Pavillon Parent de Saint-Isidore, qui compte 16 résidents. « Nous nous occupons de la vie des gens, pas des assiettes. »

De plus, dans le contexte de crise, le réseau public de la santé s’est rapidement doté d’une banque de personnes qualifiées et d’ex-employés du réseau de la Santé s’étant dits prêts à venir prêter main-forte. L’ARIHQ demande que le ministère de la Santé et des Services sociaux s’assure qu’une partie de ces renforts puisse être déployée dans les ressources intermédiaires, avec les enveloppes budgétaires leur permettant de les rémunérer adéquatement.

Dans le même ordre d’idées, la distanciation sociale étant impossible dans ce type de travail, la situation pourrait en convaincre plusieurs de rester à la maison pour se protéger des risques d’infection.

« La pression est plus forte que jamais. Les propriétaires, les préposés aux bénéficiaires et tout le personnel donnent tout ce qu’ils ont pour prendre soin des personnes les plus vulnérables de notre société. Malgré cela, nous n’avons pas davantage de soutien du gouvernement. La ministre de la Santé ne doit pas attendre que les éclosions de la COVID-19 atteignent les ressources intermédiaires pour nous donner du renfort. Elle doit agir dès maintenant », a lancé Johanne Pratte, directrice générale de l’ARIHQ par voie de communiqué.

Sondage interne

Un sondage mené par l’ARIHQ auprès de ses membres révèle que la situation est alarmante. Près de la moitié des propriétaires ont constaté une hausse de leurs frais de fonctionnement depuis le début de la crise et la même proportion s’attend à avoir des problèmes d’approvisionnement de matériel médical dans les prochaines semaines.

Également, 53,4 % des répondants ont des employés qui ont manqué des quarts de travail à cause de la pandémie, alors que 48,6 % des gens sont d’avis que le besoin le plus urgent est le manque de préposés aux bénéficiaires.

« Je suis dans l’obligation de faire des quarts de travail sur le plancher à cause du manque de main-d’œuvre… », de souffler Marco Parent.

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