À la défense des femmes victimes de violence conjugale

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Par Frederic Desjardins
À la défense des femmes victimes de violence conjugale
Isabelle Fecteau est une porteuse d’espoir pour enrayer la violence conjugale au quotidien. (Photo : Gracieuseté – Jac Mat)

N.D.L.R. Ce portrait a été réalisé pour souligner la Journée internationale des femmes le 8 mars.

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Native de Saint-Georges, Isabelle Fecteau travaille depuis 22 ans au Havre l’Éclaircie. Elle a toujours voulu aider son prochain et, à sa façon, changer un peu notre monde.

Ses études au Cégep Garneau dans les années 1990, en Techniques d’intervention en délinquance, lui ont confirmé qu’elle avait choisi la bonne voie professionnelle.

«J’ai participé à plusieurs stages, dont deux en milieu carcéral à Trois-Rivières et Québec. Je suis aussi allé sur le terrain à Albany, près de New York, avec des policiers», dit-elle.

Deux stages à la Polyvalente de Saint-Georges, en motivation scolaire et toxicomanie, ont été une véritable révélation pour Isabelle Fecteau.

«J’aimais écouter, conseiller et référer les jeunes. Dans un autre projet du cégep, je répondais à des lettres envoyées au père Noël par des enfants via Postes Canada (HOH OHO). Certains des messages envoyés étaient tristes à lire», affirme Isabelle.

Établir la confiance

Après ses études au Cégep Garneau, Isabelle Fecteau est embauchée en 1998 par le Havre l’Éclaircie. Alors intervenante jeunesse, elle travaille surtout dans la maison d’hébergement accueillant les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants.

«Les enfants sont des victimes indirectes subissant les conséquences des gestes adultes. On utilise beaucoup le jeu pour gagner leur confiance. Nous faisons également de la sensibilisation dans les écoles, auprès des élèves de cinquième secondaire», mentionne Mme Fecteau.

En juin 2011, elle devient directrice générale du Havre l’Éclaircie. Au fil des années, Isabelle a écouté les histoires de nombreuses femmes violentées sans aucun jugement. Ne forçant pas les confidences, celle-ci axe tous ses gestes sur l’empathie et la résolution de problèmes.

«On est là d’abord pour voir à la sécurité des femmes. La violence n’est pas que physique. Les victimes peuvent être menacées, manipulées ou accusées de briser la famille. La jalousie et la possession ne sont pas des preuves d’amour», rappelle Isabelle Fecteau.

Au-delà de l’hébergement transitoire, le Havre l’Éclaircie offre également des consultations externes, des ateliers de croissance personnelle et de l’écoute téléphonique.

«C’est un service 24 heures/sept jours. Nous collaborons souvent avec les policiers et les centres jeunesse. La violence conjugale touche toutes les couches de la société», indique Isabelle.

Collaborer avec le masculin

Se définissant comme féministe, Isabelle Fecteau ne croit pas à l’exclusion des hommes dans le débat sur la violence conjugale. Elle est d’ailleurs mère de trois garçons avec son conjoint, propriétaire d’une ferme laitière.

«Des garçons devenus adultes, dont les mères ont été aidées par le Havre l’Éclaircie, ont développé des liens amicaux avec les intervenantes. Le féministe est de prôner l’égalité entre les hommes et les femmes», dit Isabelle Fecteau.

Aujourd’hui dans la quarantaine, elle ne se voit pas quitter le Havre l’Éclaircie de sitôt. «On fait bouger les choses en siégeant notamment sur des tables de concertation. Notre travail a des impacts importants sur les vies des femmes», conclut Mme Fecteau, aussi responsable de la table de concertation en violence conjugale Beauce-Etchemin.

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