Fin du blocus chinois : soulagement chez les producteurs porcins

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Par Frederic Desjardins
Fin du blocus chinois : soulagement chez les producteurs porcins
Le porc canadien était proscrit de la Chine depuis le 25 juin 2019. (Photo : L'Éclaireur Progrès - Frédéric Desjardins)

Le gouvernement canadien a confirmé le 5 novembre que les exportations de porc vers la Chine pourront reprendre bientôt.

Selon René Roy, président des Éleveurs de porcs de la Beauce, l’embargo chinois aurait entraîné des pertes de 120 millions de dollars dans toutes les sphères de l’industrie porcine québécoise. Ce blocus perdurait depuis le 25 juin dernier.

«Ce sont surtout les transformateurs qui ont enregistré des pertes. Même en se tournant vers d’autres marchés, les abattoirs ne pouvaient pas écouler tous leurs produits. En Chine, près de la moitié des importations sont des abats. Ce produit est difficile à vendre ailleurs», dit René Roy, également deuxième vice-président sur le Conseil canadien du porc.

Initialement, la Chine avait proscrit le porc canadien après la découverte de ractopamine par les douanes chinoises, un médicament banni, dans une cargaison de langues de porc surgelées.

Des analystes estimaient plutôt que la Chine exerçait des pressions politiques sur le Canada, en raison de l’arrestation de Meng Wanzhou, directrice financière de la société technologique Huawei.

Les Chinois importent beaucoup d’abats porcins, un fait rare à l’international.

«Les producteurs canadiens n’utilisent pas la ractopamine dans l’élevage. C’est un conflit politique où on s’est senti pris en otage. Comme la Chine a été durement frappée par la peste porcine africaine dans leurs élevages, ils n’avaient pas le choix de rouvrir leurs frontières», affirme René Roy.

Compensations demandées

Même si la Chine acceptera le retour du porc canadien sur ses tablettes, les dirigeants du pays ont rappelé que le Canada était en «probation» pour une période indéfinie. Les certificats attestant la qualité du porc canadien devront être détaillés au maximum.

«Le prix du porc canadien est annexé à celui des États-Unis. Pendant le conflit, le gouvernement américain a compensé les éleveurs de porcs, car il reconnaissait que ça avait un impact négatif sur le tarif de vente», rappelle René Roy.

Une compensation similaire n’a pas encore été annoncée au Canada. «Maintenant que les élections fédérales sont passées, on a repris les négociations avec le gouvernement canadien. C’est anormal de n’avoir aucune compensation financière», martèle René Roy.

Selon lui, l’insécurité pour les producteurs et transformateurs porcins persistera à court terme. «Les mésententes commerciales entre les États-Unis et la Chine semblent vouloir continuer. Ça changera peut-être après la prochaine élection américaine», conclut M. Roy.

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