Mieux communiquer toute sa vie par la science de l’orthophonie

Photo de Frederic Desjardins
Par Frederic Desjardins
Mieux communiquer toute sa vie par la science de l’orthophonie
Anne-Marie Arguin passe toujours par le jeu pour aider les enfants à mieux communiquer. (Photo : Gracieuseté)

S’intéressant à la rééducation du langage oral et écrit, l’orthophonie est un domaine encore méconnu dans notre société. En intervenant dès l’enfance du patient, l’orthophoniste est pourtant en mesure de changer sa vie à jamais.

Détenant une maîtrise en orthophonie, Anne-Marie Arguin pratique ce métier depuis neuf ans. Travaillant beaucoup avec les enfants, elle confirme que les problématiques rencontrées dépassent le langage et la parole (troubles des sons, aphasie, etc.)

«Au niveau des difficultés d’apprentissage, les gens connaissent la dyslexie (lecture/orthographe), mais pas la dyscalculie. La personne vit des difficultés en mathématiques. Par exemple, elle ne différencie pas une séquence de chiffres ou doit compter les points sur un dé, parce qu’elle ne reconnait pas le résultat immédiatement», explique Mme Arguin.

L’orthophoniste traite également des problèmes de voix (dysphonie), de communication (autisme, déficience auditive, trouble de la communication sociale), de fluidité (bégaiement, bredouillement) et même des troubles orofaciaux comme le sigmatisme (parler sur le bout de la langue).

«Un enfant sur dix souffre d’un trouble du langage. Dans tous les cas, c’est mieux de commencer les traitements avant l’arrivée à l’école primaire. Le dépistage d’un problème se fait souvent par le médecin, lors des vaccins ou en garderie», dit Anne-Marie Arguin, ajoutant que quelques parents consultent directement en orthophonie.

Un problème orthophonique peut se manifester par un trouble de comportement. «L’enfant est timide et possède une faible estime de soi. Il ne sait pas exprimer ses besoins, d’où ses crises pour s’exprimer et se faire comprendre», indique-t-elle.

Vivre dans le déni ?

Magaly Bouchard est mère d’un garçon de quatre ans. Souffrant d’une surdité partielle depuis sa naissance, l’enfant n’arrivait pas à communiquer certaines combinaisons de mots à son entourage. Il souffrait aussi de bégaiement, trouble de fluidité souvent héréditaire.

«L’orthophonie m’a été suggéré après son rendez-vous de trois ans (médecin de famille). Il communique beaucoup mieux aujourd’hui. Si l’enfant ne peut pas faire des phrases simples en séparant les mots, ça ne se réglera pas par la pensée magique. Certains parents vivent dans le déni ou ne savent pas quoi faire», croit Mme Bouchard.

Anne-Marie Poulin a agi rapidement pour aider deux de ses fils, aux prises avec des problèmes différents en communication.

«Rendus à l’école primaire, les enfants embarquent rapidement dans les apprentissages à lire et écrire. Il faut alors «déconstruire». Ça ne veut pas dire que l’enfant est correct si ses parents le comprennent, mais pas les autres personnes», affirme celle-ci.

Anne-Marie Arguin passe toujours par le jeu pour aider les enfants à mieux communiquer. Des parents sont émotifs face à l’épanouissement de leur enfant. «Une maman avait enregistré la voix de son garçon (trois ans) qui disait son nom correctement. Elle était fière et pleurait», se souvient-elle.

Pour trouver un orthophoniste dans votre secteur, visitez le site web de l’Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec.

Consultez un orthophoniste si votre enfant…

  • ne sourit pas (0-11 mois)
  • ne regarde pas les personnes dans les yeux (0-11 mois)
  • ne se tourne pas à l’appel de son nom (12-17 mois)
  • ne réagit pas au «non» (12-17 mois)
  • dit moins de dix mots (18-23 mois)
  • n’a pas le goût de communiquer (18-23 mois)
  • répète la question au lieu d’y répondre (2-2 ½ ans)
  • ne fait pas de combinaisons de deux mots (2-2 ½ ans)
  • ne comprend pas les questions simples comme Où ?, Qui ? et Quoi ? (2 ½-3 ans)
  • ne comprend pas les concepts de base comme haut/bas ou gros/petit (2½-3 ans)
  • ne pointe pas le vocabulaire familier dans un livre (3-3 ½ ans)
  • ne participe pas aux conversations (3-3 ½ ans)
  • ne fait pas de phrases complètes (3½-4 ans)
  • cherche souvent ses mots (3½-4 ans)
  • n’est pas bien compris par les étrangers (4-4½ ans)
  • fait des erreurs régulièrement dans ses phrases (4-4½ ans)

Cette liste n’est pas exhaustive. *Source : Clinique d’orthophonie de la Beauce

Partager cet article

Laisser un commentaire

avatar
  S'abonner  
Me notifier des