Manuel du bon repreneur

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Par Hubert Lapointe
Manuel du bon repreneur
Inovia conçoit et fabrique des équipements de production sur mesure. (Photo : Beauce Média – Hubert Lapointe)

AFFAIRES. Pour tout entrepreneur, acquérir une entreprise est à la fois un rêve et un cauchemar. En effet, si reprendre les commandes d’une compagnie afin de la rendre encore plus florissante vous fait envie, l’objectif demande temps, argent et de nombreuses étapes nécessaires qui pourraient vous faire reculer.

Dominique Brassard est président-directeur général d’Inovia depuis janvier 2018.

De l’entreprise mariveraine Inovia, qui conçoit et fabrique des équipements de production sur mesure (pour l’automatisation des entreprises manufacturières), le président-directeur général Dominique Brassard explique comment il s’y est pris. « Au contact des Beaucerons, j’ai attrapé le virus de l’entrepreneuriat! », de lancer le Saguenéen d’origine mais dans la région depuis 18 ans.

Pour commencer, il a dû chercher une entreprise à vendre. Personnellement, cette étape lui a pris deux ans, car les propriétaires ont tendance à ne pas ébruiter cette information afin de ne pas affoler leurs clients et employés.

Évidemment, il faut aussi que l’objet de notre désir œuvre dans un domaine que l’on aime et maîtrise. Dans le même ordre d’idées, il faut prendre le temps d’en évaluer les actifs: possessions, liste de clients, poursuites pendantes, etc.

Ensuite, vient ce que M. Brassard qualifie de « jeu de séduction ». En d’autres mots, savoir bien se vendre est essentiel, car les vendeurs veulent avoir confiance en la personne qui s’occupera de leur « bébé » auquel ils auront consacré toute leur vie.

Presque en même temps, il faudra vous entendre sur le prix. « Le cédant accorde souvent une valeur romantique à son entreprise », prévient-il. S’ensuivent donc différentes rencontres de négociations, jusqu’à la signature finale.

Quant au financement, Dominique Brassard tient à rassurer tout un chacun que les institutions financières sont toujours prêtes à aider les entrepreneurs qui ont des projets clairement définis. « Pas besoin d’être le fils ou la fille d’un ou d’une riche personne d’affaires pour avoir une entreprise. Oui, vous serez endetté, mais c’est un investissement », dit-il.

Enfin, à travers tout cela, il est d’avis qu’il est très important de savoir bien s’entourer. « Oui, il y a des étapes, mais il y a des firmes qui sont habituées et qui m’ont accompagnées. […] Banquier, comptable, avocat… On ne peut pas tout savoir et il y a de belles relations qui se créent. Ce sont des dépenses, mais comme on dit, avez-vous les moyens de vous en passer? »

Des résultats

Ainsi, depuis l’acquisition d’Inovia le 31 janvier 2018, l’entreprise est passée de 16 à 25 employés, et son chiffre d’affaires a presque doublé. Tellement que d’ici la fin de l’été, un coin de l’usine sera réaménagé en chambre à peinture, afin de cesser de confier cette part des contrats à des sous-traitants.

Par ailleurs, l’entreprise fait actuellement beaucoup de promotion, ce qui lui permet de recevoir un nombre toujours grandissant de curriculum vitæ.

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