Les trois Amigos : un bref retour… mais surtout un adieu

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Par Eric Gourde
Les trois Amigos : un bref retour… mais surtout un adieu
Le groupe a tenu sa seule séance de répétitions dimanche dernier et l'attitude enjouée de l'époque était au rendez-vous. (Photo : La Voix du Sud - Éric Gourde)

MUSIQUE.  >Les Trois Amigos seront de retour sur une scène le temps de deux spectacles, près de 20 ans après avoir cessé de performer.

Stéphane Deblois et Éric Gonthier ont accepté de faire revivre leur groupe le temps de deux spectacles. Un premier aujourd’hui à Buckland et un autre en novembre à Frampton. Le journal a rencontré les deux colorés personnages pendant une répétition tenue dimanche dernier… et qui sera la seule d’ailleurs!

Le duo a fait la pluie et le beau temps en donnant des spectacles dans la plupart des festivals et établissements hôteliers de la région. Revenir sur scène n’était pas à l’agenda des deux hommes. «Ce n’est pas un retour. On ne peut pas dire jamais, peut-être dans 20 ans encore, on verra. Ce ne sera pas du récurrent», insiste Stéphane Deblois, originaire de Saint-Cyprien et maintenant résident de Lac-Etchemin.

«Le but n’est pas de faire 42 festivals l’an prochain. C’est deux shows d’adieu, point. Quelqu’un nous a déjà offert l’an prochain, mais c’est non», ajoute Éric Gonthier, natif et résident de Saints-Anges.

Leur succès a été quasi instantané et l’aventure a duré plus de dix ans se souvient Stéphane Deblois. «On détient les records d’à peu près tous les endroits qu’on a visités. Le nombre de spectateurs, les meilleures ventes, ça n’a même pas pris un an à construire notre popularité. Nous n’étions pas les meilleurs, mais les gens nous suivaient partout.»

Stéphane Deblois ajoute qu’à l’époque, le feu roulant qu’imposait leur style de vie a fini par avoir raison de leur motivation. «Quand on s’est laissés, j’avais dit à Éric de ne pas me rappeler pour jouer. Nous étions tannés tous les deux. Aussi, Éric avait eu un grave accident et j’avais dû demander à Gilles Tanguay de le remplacer pendant près de quatre mois. Après un spectacle à un bal de finissants à Thetford-Mines, j’avais dit à Gilles que je n’étais plus à ma place avec des jeunes de 16 ans.»

Son complice partageait son constat. «Je pensais la même chose. Je ne gagnais pas ma vie avec ça dans le temps. Notre concept n’était pas d’épater le monde musicalement, mais plutôt de faire des niaiseries et notre choix de chansons. On avait fait le tour honnêtement.»

Pourquoi un retour alors? Stéphane Deblois avoue que la proposition vient de son collègue, mais le défi et l’occasion de jouer devant ses enfants l’ont convaincu. «Moi je ne vis pas dans le passé. C’est deux fois. Ça va être le fun, pis si c’est plate, personne ne va s’en rappeler. Si on étire ça un été, on court le risque que ce soit la fois de trop.»

Faire la fête

Le succès est venu rapidement pour les deux musiciens dont la rencontre ressemble à du hasard. «Je jouais à l’époque avec un couple de Sainte-Sabine. Ils ont toutefois quitté pour Sherbrooke, alors je me suis mis à la recherche de quelqu’un pour jouer avec moi. Après avoir passé une annonce dans le journal, je n’ai trouvé personne avec qui ça «fittait». J’avais une copine qui travaillait à Saints-Anges à l’époque et c’est là que j’ai rencontré Éric. Le but était d’avoir du fun. Ça a cliqué tout de suite. Éric n’était pas le meilleur guitariste au début, mais il s’est amélioré rapidement», raconte Stéphane.

«On avait une attitude qui a tout de suite marché avec les jeunes qui commençaient à sortir lorsque nous avons commencé. Au départ, on s’attendait de faire des partys privés et des noces, mais les jeunes nous ont suivis partout où on allait. Si on jouait dans Bellechasse, les gens de la Beauce venaient et vice-versa», se souvient-il.

«On ne s’est jamais chicané. On a argumenté trois fois en dix ans, c’est tout. Au départ, on devait se fréquenter les fins de semaine seulement, mais on est rapidement devenus des amis. Je voyais Éric plus souvent que ma blonde», rappelle Stéphane Deblois.

«Ça a fini qu’on s’appelait la semaine pour aller veiller ensemble. On avait chaque année notre party d’employés, même si nous n’étions que deux», se rappelle Éric Gonthier. «On se faisait un échange de cadeaux», ajoute Stéphane.

Les deux complices ont rejoué ensemble, le temps de quelques spectacles il y a quelque temps, sauf qu’Éric était celui qui était à l’avant-plan, alors que Stéphane était à la batterie. «Stéphane ne chantait pas et ne faisait pas d’animation. C’était un hommage aux Amigos», indique Éric Gonthier qui avoue que l’impact sur le public n’était pas le même.

Les deux musiciens ont déjà réfléchi à la forme que pourrait prendre ce retour. Les gens qui les connaissent savent que leur imagination n’a pas de limites. «Le «kétaine», c’était notre identité. On n’aura pas les mêmes vêtements parce qu’on n’a plus le même tour de taille, mais ce sera inspiré de ce temps-là à coup sûr», précise Éric Gonthier.

Leur réputation les suit encore, même presque 20 ans plus tard. Leur répertoire musical était unique. Les chansons devaient être entraînantes ou encore être connues. «Nos chansons, nous étions les seuls à les jouer. On n’ajoutait pas une chanson à nos spectacles si un autre groupe du coin la faisait», précise Stéphane Deblois.

Pour une dernière fois

Tout comme leur public, les deux hommes avouent être rendus ailleurs dans leurs vies ayant maintenant d’autres occupations et des enfants. «Ça ne me manque pas. J’ai adoré ça et je ne regrette rien», raconte Stéphane.

Collègue d’Éric au sein du duo Les Smatts, Stéphane Martin s’est occupé de faire les arrangements musicaux en prévision des deux spectacles. Il sera en appui aux deux autres pendant les prestations. «Au premier set, les gens reconnaîtront le style des Amigos et les chansons qu’on nous demandait à l’époque, mais on jouera intégralement l’album enregistré en spectacle en 2001 au deuxième set», précisent les deux hommes.

Les deux musiciens ont bien hâte de se produire devant un auditoire, ayant plein de souvenirs et d’anecdotes à raconter. Celles et ceux qui les ont suivis pendant les années 90 se font un devoir de leur rappeler. «On nous dit régulièrement que ce n’est plus comme c’était. D’autres pensent qu’on ne verra plus ça. Pour plusieurs, on a meublé leur jeunesse. Ça a meublé la nôtre en tout cas», résument les deux hommes.

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