Bourreau de la Beauce: délinquant contrôlé ou dangereux?

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Par Hubert Lapointe
Bourreau de la Beauce: délinquant contrôlé ou dangereux?
Le « Bourreau de la Beauce » reviendra en cour le 27 juin.

JUSTICE. Telle est la question à laquelle se pencheront les experts de l’Institut Philippe-Pinel de Montréal en ce qui a trait à l’homme connu sous le nom de « Bourreau de la Beauce », déclaré coupable le 9 avril dernier au Palais de Justice de Saint-Joseph-de-Beauce de 47 chefs d’accusation de voie de fait, voie de fait armé, menace de mort et agression sexuelle notamment sur plus d’une dizaine de victimes.

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La demande d’évaluation a été déposée le mardi 1er mai à Saint-Joseph par le procureur de la couronne Nicolas Champoux. À son avis, puisque 26 des 47 chefs sont des crimes de sévices graves, obtenir un rapport de l’Institut Philippe-Pinel permettrait d’aiguiller la cour sur la peine la plus appropriée. Il est à noter qu’un statut de délinquant dangereux pourrait signifier (le juge René De la Sablonnière a le dernier mot) une peine de détention indéterminée. Ce serait alors aux autorités carcérales de décider le moment opportun pour le remettre en liberté contrôlée.

Le Bourreau réfractaire

Après avoir prétendu que son ancienne avocate Jessica Bernard l’avait abandonné (M. le juge lui a rappelé que c’est plutôt lui qui l’avait laissé tomber), l’homme de 63 ans a déposé une lettre au tribunal où il exprime son désir de voir un psychiatre et de passer le test du polygraphe. « Je veux prouver que je n’ai pas menti. Beaucoup de choses n’ont pas été portées à votre connaissance. […] Oui, j’ai fait des sévices graves, mais c’est arrivé entre 1983 et 1997. Les enfants sont tous revenus habiter chez moi après, toute la gang, et il n’est rien arrivé par après », s’est-il fait entendre.

Or, si rencontrer un psychiatre est toujours possible, passer le test du polygraphe est non seulement inadmissible en preuve, mais inutile, puisqu’il a déjà été déclaré coupable. « Il faut aller en appel si vous n’êtes pas satisfait », de commenter M. De la Sablonnière, en informant l’individu qu’il a tout à fait le droit de ne pas collaborer avec les gens de l’Institut Philippe-Pinel.

« Je crains, à date, ne pas avoir beaucoup de crédibilité », a lancé l’homme maintenant sans avocat. « Devant moi, elle n’a pas été très forte, effectivement », de rétorquer le juge.

Le rapport d’évaluation sera réalisé et retransmis au Palais de Justice de Saint-Joseph avant le 27 juin. À ce moment, on reportera à une autre date, soit pour débattre du résultat de la requête, soit pour exposer les représentations sur la peine.

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