Changez de côté, on s’est trompé!

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Par Hubert Lapointe
Changez de côté, on s’est trompé!

COMMENTAIRE. Tout le monde balance et puis tout le monde danse! Les candidats au milieu, les entreprises autour! On signe à droite, on postule à gauche! Swing la baquaise dans’l fond d’la boîte à bois!

Cette mise en bouche maladroite tend évidemment à aborder à ma façon les problèmes de main-d’œuvre.

Plus particulièrement, j’ai cru remarquer une nouvelle stratégie des entreprises. Celles-ci ne recherchent plus uniquement les personnes sans emploi, elles tentent désormais de séduire les travailleurs des autres avec des conditions de travail plus alléchantes. Comme on dit souvent au Québec: « C’est chien, mais c’est légal. »

En fait, techniquement, il est vrai que l’offensive pourrait permettre à certaines entreprises en santé de combler leurs besoins plus aisément (et aux travailleurs de vivre plus décemment), mais c’est un brin déloyal pour les compagnies moins riches ou en démarrage. Cette dernière observation n’ira pas plus loin que la parenthèse, parce que personnellement, mis à part l’art ancestral de camoufler un drap-contour mal plié derrière des taies d’oreiller, je n’ai pas toutes les solutions.

Quelques embûches

L’un des remèdes populaires au manque de main-d’œuvre est l’immigration. Mais, pour une raison obscure, bon nombre de nouveaux arrivants vont choisir de s’installer à Montréal; une ville dangereuse et sale, dont les égouts sont envahis par des rats porteurs de la peste bubonique (ce n’est pas vrai, mais lancer une rumeur pourrait les inciter à quitter la métropole). Moi je dis: « Si vous êtes francophones et que vous avez déjà compris que les chevreuils ne traversent pas nécessairement aux pancartes (gag emprunté à Mario Jean), venez « HÉ » nous! Nous avons le Centre médical de La Nouvelle-Beauce, le Cégep Beauce-Appalaches, le Festival beauceron de l’Érable… Qu’est-ce que vous voulez de plus? »

Autre observation, j’ai remarqué que bon nombre d’offres d’emploi comptent les mots « salaire à discuter ». Gros problème, parce que dans le monde des affaires, on sait que le premier qui dit un chiffre a perdu. En plus, de quoi faudrait-il discuter? Il y a un travail, il y a une paye. Est-ce qu’on verrait deux personnes commencer à travailler le même jour, mais que l’un d’eux gagnerait 10 % de plus à cause de ses talents de négociateurs? Ridicule. Vous pouvez me croire, je m’y connais en ridicule, j’ai un diplôme en sciences politiques…

Je devine donc que c’est surtout une manière pour l’entreprise de cacher à ses concurrentes combien elle offre afin que celles-ci ne puissent pas offrir 0,50 $ de plus. Ah ha! C’est triste, parce que tout le monde est sensible au salaire. C’est quand même la deuxième raison pour laquelle on travaille (après le bonheur de m’avoir comme collègue)!

Les descriptions de tâches sont aussi extrêmement floues. Elles pourraient être plus précises! Par exemple: chaise confortable, pizza les vendredis, le gars du ménage est un peu sans dessein mais il fait des jeux de mots… ÇA ça parle, et un environnement de travail agréable, ça compte aussi! Changer de milieu de vie, peut-être rouler davantage pour s’y rendre et réapprendre une tâche, ça demande beaucoup d’efforts, et pour convaincre la main-d’œuvre, vous n’avez pas le choix. Ça prend vraiment tout votre cœur… et des jeux de mots.

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