Super Bowl et CH: les trucs derrière la magie

La chronique de Martin McGuire

Publié le 7 février 2017

Le week-end du Super Bowl nous a amené quelques belles émotions. Permettez-moi de glisser hors de mon champ d'action pour vous parler brièvement de ce match historique auquel plusieurs d'entre nous ont eu la chance d'assister.

Encore une fois, les Patriots de Tom Brady et Bill Belichick ont fait de la magie. Ceux qui suivent cette chronique de façon hebdomadaire savent que j'aime employer le terme magie. Derrière la magie, il y a toujours un truc qui s'explique avec des mots.

L'incroyable performance de Tom Brady, qui a comblé un retard de 25 points au 4e quart pour savourer un cinquième championnat en carrière, un sommet dans la NFL, témoigne de la grande confiance et de la loyauté qui existe entre Bill Belichick, considéré comme le meilleur entraîneur de l'histoire de la NFL, et Tom Brady, celui qu'on considère maintenant comme le meilleur quart du football.

Les deux ont fabriqué ni plus ni moins que les cinq derniers championnats des Pats. Jamais Belichick n'a perdu le contrôle de ses émotions, car il avait une grande confiance en Tom Brady, qui lui non plus n'a jamais perdu son calme, même lors des trois premiers quarts quand les Patriots ne réussissaient rien.

Pas de panique, car Brady avait une confiance aveugle envers le plan de match de son coach. Deux hommes se faisant confiance mutuellement, quel message puissant à envoyer au reste de l'équipe, que ce soit tous les entraîneurs ou les joueurs faisant partie de cette formidable équipe!

Personne ne peut rester indifférent et tous les Patriotes ne peuvent que suivre ces deux grands leaders qui ont marché main dans la main pour donner une leçon aux Falcons et à tous ceux qui regardaient le match.

C'est entouré de gens en qui on croit et de gens qui croient en nous que le succès est possible. Le succès arrive avec le dévouement. Il y a une grande part de talent dans ce qu'ont réalisé Brady et Belichick, mais sans cette loyauté qui les unit depuis déjà plusieurs années, rien de cette remontée spectaculaire n'aurait pu être réalisé. Un message qui dépasse les lois du sport.

J'ai rencontré dans ma vie un homme que je peux comparer au stratège qu'est Belichick. Jean Todt, patron de l'écurie Ferrari, l'homme architecte derrière les sept championnats de Michael Schumacher, est fait du même bois que l'entraîneur légendaire des Patriots.

Dans une entrevue que Todt n'avait pas envie de m'accorder, j'ai rapidement saisi qu'il fallait toucher son centre d'intérêt pour qu'il puisse daigner répondre à mes questions. Jean Todt s'est ouvert lorsque je lui ai parlé de la loyauté qui l'unissait au pilote Schumacher, doté d'un talent aussi indéniable que Tom Brady. Schum, qu'on aimait détester avant de réaliser qu'il était un plus grand pilote que notre Jacques, avait une confiance aveugle envers Todt, son patron. Todt croyait en Schumacher, en son talent et dans sa grande dévotion.

La recette du succès qui a conduit l'équipe Ferrari à l'époque du grand Schumacher est la même que celle qui conduira Tom Brady et Bill Belichick au Temple de la renommée: la confiance, le dévouement et la gratitude.

Derrière chaque succès, il y a de la magie, mais quand on fouille, il y a toujours un truc.

Pendant ce temps à Montréal…

Permettez-moi de revenir à nos moutons. Durant cette fin de semaine du Super Bowl, le Canadien a échappé deux victoires de justesse. Du moins, le pointage nous a indiqué que le CH a échappé trois points sur quatre de justesse.

Mais lorsqu'on se penche sur la situation actuelle de l'équipe, certaines statistiques nous démontrent que le Tricolore n'a pas été dans le coup face aux Capitals de Washington et aux Oilers d'Edmonton.

Le CH a récolté 1 point sur 4 parce qu'il n'attaque pas ses adversaires avec autorité. Il s'est toujours bien défendu, mais l'équipe de Michel Therrien doit trouver une façon de menacer davantage ses adversaires. Après 40 minutes, le CH n'avait pas dépassé les 20 tirs au but contre Braden Holtby et Cam Talbot. Il faut être chanceux pour s'en sortir contre deux gardiens de ce talent avec si peu de tirs.

Le CH a donc tenté de se défendre bec et ongles jusqu'à la fin. Mais pour vaincre les meilleures équipes de la LNH, il faudra faire mieux. Et faire mieux n'est peut-être pas pour les entraîneurs et joueurs qui sont là. Aux deux tiers de la saison, nous nous rendons compte que les problèmes sont récurrents.

Comme nous disions lors de notre analyse de début de saison, il manque toujours un bon défenseur gauche pour bien faire paraître Shea Weber. Alexei Emelin s'est grandement amélioré, mais il ne représente pas encore la solution pour un duo gagnant. L'émergence de Philip Danault au centre et un retour éventuel en force de Galchenyuk nous laissent croire que le CH a peut-être réglé une partie des problèmes au centre. Plekanec et Mitchell ont l'expérience nécessaire pour s'acquitter de la tâche.

Le problème est à l'aile gauche. Après Pacioretty, le CH ne compte pas sur un autre ailier gauche solide pour rendre son attaque plus redoutable. À l'instar de Danault, le jeune Lekhonen nous offre des flashs intéressants, mais c'est encore le jeune Arturri.

Le CH a besoin d'un ailier gauche aguerri, solide et talentueux. Ce n'est pas facile à trouver, mais si Geoff Molson veut aller jusqu'au championnat, Marc Bergevin devra faire de la magie.

Derrière tous les tours de magie, il y a toujours un truc. Et ce truc, c'est Marc Bergevin qui doit le trouver!

Lisez d'autres chroniques de Martin McGuire en cliquant ici