Une belle séquence victorieuse pour le Canadien de Montréal

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 10 janvier 2017

Alex Radulov, Max Pacioretty et Nathan Beaulieu lors du match du 10 décembre contre l'Avalanche du Colorado.

©THE CANADIAN PRESS/Graham Hughes

Contre toute attente, avec cinq réguliers hors de l'alignement, le CH est revenu de son plus long séjour de l'année sur la route en récoltant 10 points sur une possibilité de 14 durant le temps des fêtes. Un tour de force, considérant l'absence de Shaw, Galchenyuk, Markov, Desharnais et Pateryn.

Michel Therrien, qui a décrié le manque de leadership à la fin de la dernière saison en avril 2016, peut maintenant compter sur trois piliers et une fondation solide pour son équipe. Martin McGuire

Comme si ce n'était pas suffisant, le CH en a perdu deux autres: Byron est tombé au combat à Dallas à la suite d'une mise en échec un peu vicieuse de Patrick Sharp et Brendan Gallagher s'est de nouveau brisé la main gauche en tentant de faire dévier une bombe tirée par son coéquipier Shea Weber. Dans le cas de Gallagher, il s'agit d'une pure malchance. Le jeune homme aura beaucoup à faire pour revenir dans huit semaines.

La tenue impressionnante du Canadien sur la route ne s'est faite sans heurts ni grincements de dents. Le match avant Noël à Columbus a fait mal: l'équipe s'est heurtée à un gardien en forme en Sergei Bobrovsky et n'a pu marquer qu'un seul but.

Partis dans leur famille pour Noël, les joueurs avaient un goût amer face à cette deuxième défaite encaissée à Columbus. L'équipe s'est brillamment relevée face au Lightning de Tampa Bay, dans une autre défaite déchirante. Le Lightning a de plus comblé un écart pour coiffer le CH au fil d'arrivée. Le doute avait même commencé à s'installer au sein de l'équipe.

Le lendemain, contre les Panthers, le CH a joué un match serré, pas un grand classique, mais les choses sont revenues à la normale. Le CH a joué un style patient, discipliné et a quitté la Floride avec trois points sur quatre. Al Montoya a finalement pu savourer une victoire. Grâce au but de la victoire de Philip Danault, les joueurs ont célébré devant des partisans québécois en vacances, comme s'il s'agissait d'une septième partie à Boston. Ils avaient tous fièrement le poing au ciel. Cette victoire-là, devant les Panthers, a été le match pivot du voyage.

Le 31 décembre à Pittsburgh, Carey Price a probablement livré sa meilleure performance de l'année. Le faire contre le meilleur joueur au monde ne fut pas suffisant. Là aussi, après s'être arraché le cœur sans la présence d'effectifs importants, dont Galchenyuk et Markov, le Canadien est sorti de Pittsburgh avec un petit point. Au classement, c'était un petit point, mais dans la tête, c'en était un gros. Si la victoire à l'arraché en Floride a été le premier tournant de ce voyage, la défaite à Pittsburgh a été une des plus mémorables qu'il m'ait été donné de décrire.

À Nashville, P.K. Subban attendait ses anciens coéquipiers, mais il ne leur a pas fait face ce soir-là. Il s'est contenté de répondre aux questions des journalistes. Weber a démontré à ses anciens partisans qu'il était encore un rocher. Ses anciens coéquipiers nous ont laissé tomber du bout des lèvres qu'ils s'ennuyaient de lui, dont celui qui a pris sa place, Mike Fisher.

Nashville et Dallas ont été l'affaire de Max Pacioretty. Il a pris les choses en main. Parfois inexplicablement mal aimé d'une couche de partisans (heureusement qu'il ne s'agit que d'une petite couche), Pacioretty s'est comporté comme un grand capitaine. Avec Alexander Radulov, il a pris l'attaque du Canadien sur ses épaules. Deux buts pour Patch à Nashville, où il fallait gagner pour Weber, et le lendemain soir, après un interminable vol et un calendrier chargé, avec des coéquipiers épuisés, Pacioretty a démontré qu'il était solide. Et oui, Alex Radulov peut être bon et utile, mais quand Patch prend les choses en main, c'est différent.

Durant ce voyage, à maintes occasions, il m'a été permis de voir que malgré l'absence de plusieurs joueurs-clés, cette équipe-là était menée par quatre leaders forts; Alex Radulov peut faire de la magie sur la glace, Price, Pacioretty et Weber peuvent être aussi bons qu'ils sont forts.

Michel Therrien, qui a décrié le manque de leadership à la fin de la dernière saison en avril 2016, peut maintenant compter sur trois piliers et une fondation solide pour son équipe.

Certains récoltent de très bonnes notes. Jeff Petry s'est montré fiable et efficace durant l'absence du bon vieux Markov. Chez les jeunes, nous avons apprécié la venue de Michael McCarron au sein de l'équipe; il n'est pas encore parfait, mais les matchs du temps des Fêtes nous ont permis de voir qu'un gaillard de 6'5'' est un précieux atout pour le CH. Il a certainement quelques croûtes à manger, mais il n'est peut-être qu'à quelques semaines de faire transférer son courrier à Montréal.

Le CH entame maintenant sa deuxième moitié de saison avec une séquence de huit parties en treize jours. Si les voyages du temps des fêtes et celui de novembre étaient les plus longs séjours à l'extérieur, cette séquence sera probablement la plus exigeante en frais de somme de travail. Heureusement, les blessés reviennent petit à petit. Galchenyuk, Markov et Shaw reviendront très bientôt.

Finie la misère à Toronto

Notre dernier passage au Centre Air Canada et 48 heures passées dans la belle ville de Toronto nous ont permis de comprendre quel important tournant les Leafs ont pris. La refonte est majeure, sur la glace, autour de l'équipe, dans la haute direction et même dans le département du marketing, les Leafs changent pour le mieux. Les années de misère semblent derrière pour les partisans.

À la mi-saison, l'équipe dirigée par Mike Babcock est dans les séries. Rares sont les équipes qui parviennent à se placer dans les 16 premières après une demi-année et se retrouvent exclues de la danse du printemps. Rien n'est gagné à Toronto, mais les récents déboires du Lightning, qui n'arrive pas à trouver sa vitesse de croisière, et la compétition très serrée dans la  section métropolitaine, ouvriront peut-être une porte à Toronto.

Au lendemain du dernier repêchage, il était indéniable que les Leafs prendraient un tournant majeur en sélectionnant Auston Matthews. Des mois plus tard, il est la meilleure recrue de la LNH et les Leafs construisent un solide noyau autour de lui. Mitch Marner est celui qui ressemble le plus à Patrick Kane à part Patrick Kane… et Morgan Reilly sera le capitaine de la défense et n'aura rien à envier aux autres. Les jeunes Nylander et Zaitsev seront également des atouts très précieux. Il n'est pas loin le jour où les Leafs compétitionneront pour une Coupe Stanley.

Les années passées, pour chauffer les spectateurs, on nous montrait de vieilles séquences vidéo jaunies de bagarres; les Wendell Clark, Doug Gilmour et autres, qui ont rendu de valeureux services à cette équipe, en train de verser du sang sur leur magnifique chandail bleu et blanc. Aujourd'hui, c'est fini.

Le game presentation, sur la vidéo d'entrée pour les joueurs, on y voit les prouesses de Matthews, Marner et les autres. On y voit aussi le jour où ce jeune homme de l'Arizona a mis le chandail des Leafs pour la première fois durant la séance de repêchage de juin dernier. C'est le point de départ de la vidéo et ce sera le point de départ vers de grandes choses. On peut déjà voir avec ces séquences que ces jeunes font de la magie sur la glace et en feront longtemps. Les partisans apprécient que l'équipe se tourne vers le talent.

Mike Babcock, deux médailles d'or plus tard, a compris depuis longtemps que c'est en cultivant le talent qu'on peut organiser une parade de la Coupe dans sa ville. Je ne peux vous dire quand, mais je crois fermement qu'il y aura bientôt, un jour, une autre parade de la Coupe Stanley dans les rues de Toronto. Les Leafs seront à prendre au sérieux. Dorénavant, la culture a changé à Toronto.

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