Bye bye 2016!

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 27 décembre 2016

L’année 2016 a été fertile pour les amateurs de hockey au Québec. Les émotions sont allées en quelque sorte en ascenseur, du haut vers le bas, à commencer par les partisans du Canadien de Montréal.

D’abord, il faut noter que les dernières semaines de 2015 ont été marquées par la perte de Carey Price. L’espoir de le revoir devant le filet dès les premières semaines de 2016 s’est estompé, pour ensuite plonger le club dans une grande noirceur, à laquelle les partisans ne peuvent s’habituer.

La première moitié de 2016 a donc été catastrophique; les performances de l’équipe ont été désastreuses et le résultat final tout autant. L’absence de Price a privé le CH d’une participation en séries et a aussi provoqué un questionnement important à l’interne : avons-nous le leadership nécessaire pour faire face à l’adversité et ainsi pouvoir réaliser nos ambitions, même lorsque Price sera de retour? C’est la question qu’ont été forcés de se poser Marc Bergevin et Michel Therrien.

Le dossier fragilisé de l’entraîneur en raison de cette descente aux enfers a été vite réglé. Il y a eu quelques nuages sombres au-dessus de sa tête, mais Bergevin, du moins publiquement, n’a jamais été ébranlé en ce qui a trait à l’avenir de son entraîneur. C’est ailleurs qu’il fallait regarder.

La bombe est survenue à la fin du mois de juin. Après avoir eu l’assurance des médecins de l’équipe que Price serait pleinement rétabli sans séquelle de cette vilaine blessure à un genou, l’état-major du CH a échangé P.K. Subban! Peu de personnes, même les mieux informées, ont vu venir le coup. Comme si Bergevin avait préparé ce tour de force en catimini avec David Poile, son homologue de Nashville.

Comme nous l’avons mentionné lors des chroniques suivant cette méga transaction, le directeur général du Canadien a saisi une opportunité. Une chance s’est offerte à lui: mettre la main sur Shea Weber. Ultimement, le but n’était peut-être pas de se débarrasser de Subban, mais de conclure une transaction, qui selon les hommes de hockey du CH, permettrait d’améliorer l’aspect leadership.

P.K. n’a rien fait de mal, mais un joueur de son envergure, avec un contrat de cette importance, devait assurer les responsabilités qui incombent à un leader quand une équipe traverse une période sombre. Malheureusement pour ceux qui lui vouaient un amour inconditionnel, P.K. n’a pas relevé adéquatement ses responsabilités alors que son équipe souffrait. C’est pour cela que Marc Bergevin a sauté sur cette occasion donnée par David Poile d’acquérir Weber…

Les relations n’ont pas toujours été faciles entre P.K. et la direction de l’équipe et avec le reste de l’équipe.  Mais elles ne s’étaient pas détériorées au point où le Canadien devait s’en départir. La transaction s’est faite parce que le CH pouvait avoir Weber.

Dans les années qui suivront, à chaque fois que P.K. fera un bon coup ou un moins bon, les partisans regarderont par-dessus la clôture pour voir si Bergevin a fait le bon choix. Je considère six mois plus tard qu’il a bel et bien fait le bon, mais les autres réponses viendront si le Canadien atteint bientôt ses objectifs de championnat.

La transaction Subban-Weber a été l’événement marquant dans toute la planète hockey en 2016 parce que plusieurs homologues de Marc Bergevin ont reconnu que ça prenait des couilles pour échanger le joueur chouchou du public dans un marché comme celui du grand Québec.

Les dernières semaines de 2016 et le début de la saison 2016-2017, nous ont permis de voir qu’avec Carey Price en santé et la présence de Shea Weber qui renforce le leadership de l’équipe, et les additions d’Alexander Radulov, Artturi Lekhonen, Philip Danault et Paul Byron, le CH a une équipe intéressante. Pas complète, mais intéressante.

L’année Crosby

2016 a été l’année de Sidney Crosby. Sid a repris sa couronne. Tous ceux qui croyaient que les blessures le ralentiraient, au point d’être dépassé par Toews, Kane ou peu importe qui, eh bien, ils ont eu tort.

À l’aube de la trentaine, le 87 a montré qu’il était encore le meilleur quand ça compte. Avec l’aide de quelques joueurs-clés, dont le jeune gardien recrue Matt Murray, le sous-estimé Kris Letang et le nouveau Phil Kessel version améliorée, Crosby a conduit les Penguins à un autre titre.

Après un court été de repos, il est revenu en force dès septembre, transportant sur ses épaules, tel le grand leader qu’il est, l’équipe du Canada vers un titre à la Coupe du monde. Crosby a pivoté un formidable trio complété par Brad Marchand et Patrice Bergeron et a fait de nouveau la pluie et le beau temps pour établir qu’il est le meilleur parmi les meilleurs. Crosby a la qualité d’améliorer tous ceux qui partagent la même glace que lui.

Une équipe formée des jeunes de moins de 23 ans nous a laissé entrevoir de très belles choses. Si 2016 a été l’année de Sid, au détour de 2020, ça pourrait bien être les années de Connor. Le jeune McDavid a montré qu’il a l’étoffe d’être le dauphin du grand Crosby.

Les premières semaines de 2017 nous permettront d’entrevoir la possibilité de voir Crosby et McDavid représenter ensemble, dans la même équipe, le Canada aux prochains Jeux d’hiver de 2018 en Corée. Ce sera l’enjeu le plus intéressant à surveiller dès les premiers jours de l’an prochain.

Chez le CH, 2017 risque d’être aussi un tournant majeur. L’équipe arrive à maturité, le noyau est solide, mais il manque quelques pièces. C’est en 2017 que nous saurons si le directeur général Marc Bergevin peut ajouter ces pièces qui mèneront le Canadien à sa 25e Coupe Stanley. Avouez que ce serait trippant! Une 25e Coupe pour la prochaine année. On se le souhaite!

Derniers souhaits

Pour vous et moi, souhaitons-nous que 2017 nous apportent tout le bien dont nous aurons besoin. Les humains étant ce qu’ils sont, comme en 2016, 2017 sera sûrement marqué par ce que les humains sont capables, soit le meilleur ou le pire. Souhaitons que ceux qui détiennent le pouvoir de changer les choses le fassent dans l’intérêt du bien commun.

Bon temps des Fêtes, bienvenue 2017!