Le hockey parmi les grands crus californiens

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 29 novembre 2016

Le Canadien a affronté les Kings le jeudi 10 novembre à Montréal.

©La Presse Canadienne/Paul Chiasson

Depuis les 14 dernières saisons, c'est avec grand plaisir que je renoue avec la Californie en tant que descripteur des matchs du Canadien à la radio. Vous me direz certes que la Californie représente assurément, avec ses palmiers et ses plages, un endroit formidable pour passer quelques jours à travailler. Oui, parce que nous travaillons, haha! C'est avant tout pour ça que nous sommes ici. Ceci dit, il est fascinant de voir à quel point le hockey a grandi en Californie.

Les trois équipes californiennes, les Sharks, les Kings et les Ducks, ont toujours représenté ces 15 dernières années des équipes présentant un rendement supérieur à la moyenne. Les Kings ont remporté la Coupe, les Sharks ont fait la finale l'an dernier contre les Penguins et les Ducks ont eu quelques grands joueurs qui ont pu boire le champagne dans le Saint Graal du hockey.

La présence d'équipes compétitives a sûrement continué à grandir la base partisane, mais c'est surtout l'arrivée de Wayne Gretzky à la fin des années 80 qui a fait une base solide ici pour le sport national des Canadiens.

La participation des Kings à la finale de 1993, la dernière fois que le CH a remporté la Coupe, a solidifié cette base. L'émergence de Luc Robitaille a grandement contribué aussi à la popularité du hockey sur la côte Ouest américaine.

Plus tard, les Sharks ont solidifié tout ça avec des propriétaires qui ont su amener l'équipe au succès presque immédiat. Les Sharks, avec leur chandail turquoise, assez original à l'époque, ont su gagner le cœur des partisans de la vallée des vins.

Mentionnons aussi des succès d'entraîneurs charismatiques venus s'établir en Californie, tant à San Jose qu'à Anaheim. Par exemple, les débuts de carrière de celui qu'on considère comme le meilleur coach dans la LNH, Mike Babcock, conduisant les Ducks jusqu'en grande finale contre les Sénateurs.

Plusieurs Québécois ont aussi contribué à solidifier les bases californiennes. Rogatien Vachon a été certainement un pionnier de chez nous. Luc Robitaille, Steve Duchesne, Jean-Sébastien Giguère, grand responsable de la conquête de la Coupe des Ducks, ont aussi marqué la côte Ouest lors de leur passage. Mais s'il y a du hockey en santé aujourd'hui, c'est à Gretz qu'on le doit.

Nombreux sont les arénas qui ont été bâtis ces 25 dernières années en sol californien. Les jeunes se sont rapidement intéressés au hockey, car il s'agissait pour eux d'un sport rapide, spectaculaire et viril, un peu ce que les fans de football retrouvaient. Depuis, plusieurs bons programmes de développement sévissent dans la grande Californie. De bons joueurs sont sortis d'ici et d'autres viendront dans le futur.

Mais attention, si vous croyez qu'il en coûte cher au Québec pour faire patiner vos jeunes avec un bâton dans les mains, c'est parce que vous n'êtes pas venus en Californie. Il peut en coûter 15 000$ par année à des parents qui permettent à leur jeune de choisir le hockey sur glace comme sport de prédilection.

Ici, les équipes d'élite font des centaines de kilomètres en voiture ou en autobus, alors qu'en Californie, ils prennent l'avion. Pour bien développer les joueurs, il faut trouver un bon niveau de compétition, alors ces programmes enrichis par les parents et entreprises privées, permettent aux organisations de pouvoir faire voyager les jeunes à travers le pays.

Pat Brisson

Permettez-moi de m'attarder à un gars de chez nous, qui à sa façon, a contribué à  l'essor du hockey en Californie. Pat Brisson est l'un des personnages les plus en vue de la LNH. C'est un Québécois comme vous et moi qui est venu s'établir ici pour rejoindre son bon ami Luc Robitaille avec son sac à dos.

L'histoire de Pat Brisson est digne des films de success-story d'Hollywood.

Employé dans un lave-auto, Pat a mis sur pied une des plus importantes entreprises d'agence de représentation de joueurs de hockey de la LNH. Son influence s'est établie très solidement en Californie. Il est aussi devenu un personnage incontournable chez les décideurs de la LNH.

Si vous connaissez Patrick Brisson à Los Angeles, la vie sera peut-être plus facile. Sans même avoir donné un coup de patin dans la LNH, il a lui aussi contribué à établir des bases solides de notre sport national sous le soleil.

La LNH peut compter sur un marché florissant sur le plan télévisuel et sur le plan marketing, les Sharks, surtout, et les Kings, sont des exemples à suivre pour beaucoup d'autres marchés moribonds dans la ligue.

Les propriétaires impliqués dans les trois équipes californiennes respectent leurs amateurs et ont toujours su offrir un produit de qualité sur la glace. Le hockey est bon en Californie et il est là pour rester.

Une injustice

Gérard Gallant a été congédié cavalièrement par la direction des Panthers de la Floride, après une défaite de 3-2 contre les Hurricanes, dimanche soir.

Gallant a été nommé meilleur entraîneur l'année dernière, mais les Panthers ont eu la grande classe de le laisser, lui et son adjoint, sur le trottoir à la porte de l'aréna, avec sa valise et sans billet d'avion.

Une situation quand même pas unique. Malheureusement, la vie d'entraîneur est difficile dans la LNH. Michel Therrien, il y a quelques hivers, a aussi perdu son poste alors que sa jeune équipe des Penguins était privée de neuf joueurs réguliers alors qu'elle était sur la route. L'entraîneur des Canadiens s'est aussi retrouvé seul, avec ses complets à la main, sur la route et sans emploi.

La nouvelle direction des Panthers, qui ont un penchant très prononcé pour les statistiques avancées, a peut-être trouvé des chiffres qui justifiaient une décision si inexplicable. Dans le petit monde du hockey de la LNH, c'est la stupéfaction.

Coach Gallant était près de ses joueurs, qui l'aimaient et le respectaient. Il est donc fort possible que les joueurs abandonnent la haute direction après une telle décision.

Chez le CH, tout le monde était un peu triste que Gérard ait été traité avec si peu d'égard. Mais la loi de la compétition étant ce qu'elle est, si ce changement inapproprié coule les Panthers cette année, le Canadien aura une équipe de moins dans les jambes. C'est ça les dures lois du hockey.

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