Voyage dans la LNH en partance de Montréal

La chronique hockey de Martin McGuire

Publié le 22 novembre 2016

Montréal a affronté la Caroline le 18 novembre dernier.

© (AP Photo/Gerry Broome)

Les 30 équipes de la LNH franchiront cette semaine le cap des 20 matchs joués, soit le quart de la saison. Ce premier quart nous amène jusqu’à maintenant des éléments de surprise, de déception, certes, mais somme toute, la photo globale de ces 20 matchs nous donne un portrait assez fidèle quant aux prédictions et observations effectuées par plusieurs analystes en début d’année.

Pacioretty souffre de ne plus avoir Alex Galchenyuk. Alexander Radulov en récolte les bénéfices. Sans rien enlever à sa fougue, son désir de vaincre et son style, disons-le, un peu différent de celui de Pacioretty, il profite de ce que lui amène Galchenyuk. Martin McGuire

Commençons par Montréal. Après avoir retrouvé Carey Price, le rendement du Canadien est assez fidèle à ce qu’on anticipait. Price, avec son jeu extraordinaire, fait du CH une bonne équipe.

Les résultats obtenus par le CH nous démontrent aussi les faiblesses de l’équipe.

Derrière les victoires, il y a quand même des points méritant d’être soulignés. Alex Galchenyuk s’établit comme le centre numéro un tant recherché par le club montréalais. Le Canadien est maintenant à la recherche d’un centre numéro 2 et numéro 3.

Torrey Mitchell s’acquitte adéquatement de tâche de 4e centre et a fait en sorte que des joueurs comme Philip Danault et Paul Byron ont émergé. Tellement que Byron et Danault ont été mutés pour une certaine période sur les deux premiers trios.

Là où l’entraîneur Therrien se casse encore la tête est sur les trios 2 et 3. Son capitaine Max Pacioretty a joué avec cinq joueurs de centre différents dans ce premier quart de saison. Au moment d’écrire ces lignes, le cinquième en lice était Mitchell.

Tour à tour Desharnais, Danault, Plekanec et brièvement Galchenyuk, ont pivoté le trio du capitaine. Andrew Shaw, utilisé à droite à Montréal, a formé aussi un duo avec le capitaine et comme il est utilisé de temps à autre comme centre, nous pourrions conclure que Pacioretty a évolué avec six centres!

Pacioretty souffre de ne plus avoir Alex Galchenyuk. Alexander Radulov en récolte les bénéfices. Sans rien enlever à sa fougue, son désir de vaincre et son style, disons-le, un peu différent de celui de Pacioretty, il profite de ce que lui amène Galchenyuk.

Pacioretty avale sa pilule, s’acquitte de ses responsabilités défensives – il est souvent le premier ailier en repli défensif – et a tout de même accumulé 13 points en 19 parties. Mais on sent qu’il n’est pas complètement heureux. Ce qui rend Pacioretty heureux, c’est faire scintiller la lumière derrière le gardien adverse.

Pour ce faire, comme il est différent de Radulov, la présence d’un joueur de centre capable de générer de l’attaque et faire reculer les défensives adverses est un must.

Comble de malheur pour le CH, il a un joueur de centre numéro1 et numéro 4. Plekanec et Desharnais ont montré tous les deux des signes d’essoufflement. Comme il est rare de trouver des équipes prêtes à se départir de bons joueurs de centre, Michel Therrien devra trouver la bonne combinaison. Pacioretty devra fournir les efforts sans regarder à côté, comme il le fait actuellement.

Heureusement, il y a Carey. Cette recette a toujours marché à Montréal!

Winnipeg

Lors du dernier repêchage, souvenez-vous que je prédisais que les Jets seraient les grands gagnants de la loterie au choix de première ronde.

Patrick Laine s’avère le joueur qu’il avait lui-même dit qu’il serait. Dominant, puissant, il fonctionne à plein régime: plus d’un point par match et 12 buts (au moment d’écrire ces lignes)! À ses côtés, l’émergence de Mark Scheifele, âgé seulement de 23 ans, et de l’ancien de la LHJMQ, Nicolaj Ehlers, âgé de 20 ans, feront des Jets l’équipe à surveiller dans la puissante division centrale. Un peu d’instabilité devant le filet leur a fait prendre un peu de retard en début d’année, mais les trois jeunes joueurs mentionnés rendront le hockey passionnant à Winnipeg cette année.

New York

Le Madison Square Garden est un endroit mythique dans la LNH. Les Rangers, contrairement à tout ce qu’on a pu prédire durant la saison morte, sont non seulement dans le coup, mais font la barbe aux Penguins et aux Capitals!

Alors que l’on croyait qu’ils auraient peine à entrer en séries, les Rangers possèdent le meilleur différentiel dans la LNH, c'est-à-dire le meilleur ratio attaque-défense. Ce n’est plus seulement l’affaire du gardien Henrik Lundqvist, les Rangers ont 13 joueurs différents qui ont obtenu au moins 10 points. C’est une affaire d’équipe. New York, habitué aux grandes vedettes, aime maintenant un groupe de joueurs qui évoluent ensemble.

J.P. Miller, Michael Grabner, un joueur rejeté par les Islanders, et la recrue Jimmy Vessey, sont parmi les joueurs qui se mettent en évidence dans la Grosse Pomme.

Edmonton

Après un début fulgurant, la troupe de Connor McDavid a connu une baisse de régime ces dernières semaines avec cinq défaites consécutives. Cela a semé le doute à Edmonton. Quoi qu'il en soit, les Oilers sont plus que jamais dans le coup, se battant pour le premier rang de la division Pacifique, ce qu’on n’a pas vu depuis longtemps! C’est pourtant le cas et c’est largement dû à l’excellence du jeu de McDavid, un jeune homme de 19 ans qui a déjà le panache que l’on reconnaissait à Sidney Crosby au même âge.

Les Oilers ont maintenant un gardien solide en Cam Talbot, un nouvel aréna et semblent avoir laissé leurs années de misère au moment de déménager du vieux Rexall Place.

Tampa Bay

Le directeur général Steve Yzerman a réussi cet été un tour de force: garder son capitaine Steven Stamkos et faire en sorte que ses autres bons joueurs tels que Kucherov, Palat, Vasilevskiy et Killhorn, restent sous contrat pour quelques saisons.

Le Lightning a aussi une situation rêvée devant le filet. Ben Bishop est toujours là, peut-être pas pour longtemps; pas si grave, quand vous pouvez compter sur un gardien comme Andrei Vasilevskiy.

Cependant, la foudre a de nouveau frappé à Tampa: Stamkos s’est blessé au genou et ne pourra pas rejouer avant mars 2017. Heureusement que Steve Yzerman a pu sécuriser le noyau de l’équipe pour passer à travers. Bishop restera peut-être plus longtemps finalement…

Caroline

Les amateurs se font toujours attendre en Caroline. Les Islanders et les Hurricanes sont les deux équipes qui jouent devant le plus de bancs vides depuis le début de la saison.

Lors de notre passage à Raleigh, un informateur privilégié nous mentionnait que le propriétaire Peter Karmanos désire récupérer son argent. M. Karmanos souhaite profiter du fait que des groupes comme celui de Las Vegas sont prêts à déposer 500 millions $ sur la table pour avoir une équipe. Après plusieurs tentatives infructueuses de trouver des partenaires dignes de ce nom et possédant de réelles intentions d’investir, M. Karmanos manœuvre actuellement, selon cet informateur, pour démontrer à la LNH qu’il est devant une situation sans issue.

Personne en Caroline ne veut vraiment de l’équipe et Karmanos veut ses deniers. Tout le monde refuse de le dire, mais inévitablement l’issue s’appelle le déménagement.  À moins que la LNH  désire soutenir pendant encore dix ans une équipe moribonde dans un marché où le hockey est loin de passionner les amateurs.