Énergie Est: des écologistes perturbent la première séance du BAPE

Alain Couillard alain.couillard@tc.tc
Publié le 8 mars 2016

Un groupe de manifestants est venu perturber les travaux de la commission d’enquête du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), à Lévis, à peine 15 minutes après son ouverture.

©TC Media - Alain Couillard

LÉVIS. Un groupe d’environnementalistes a pris d’assaut la salle où se tenait la première séance du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet d'oléoduc Énergie Est, au moment où les représentants de TransCanada s’apprêtaient à prendre la parole, lundi à Lévis.

Les écologistes, qui chantaient et brandissaient des pancartes, ont causé la surprise, forçant le président de la commission, Joseph Zayed, à suspendre la séance.

La webdiffusion de l’événement, qui a momentanément été interrompue, a repris une dizaine de minutes plus tard, permettant aux porte-paroles de TransCanada de présenter leur projet, comme que prévu.

M. Zayed, faisant face à une salle comble, a d'abord expliqué les étapes et le fonctionnement de la commission.

Le premier intervenant, Louis Bergeron, représentant de TransCanada, a présenté les grandes lignes du projet. Il a entre autres précisé que le pipeline aurait une longueur de 648 km, incluant 24 km de canalisation latérale afin de relier les raffineries Suncor à Montréal et Valero à Lévis.

M. Bergeron a aussi précisé que les canalisations, traversant les cours d’eau, seraient installées à une profondeur de 15 mètres. Pour celle qui traverserait le Saint-Laurent, un tunnel serait aménagé à une profondeur de 40 mètres et à 100 mètres au centre du fleuve.

Si TransCanada obtient l’approbation de son projet, le début des travaux est prévu vers la fin 2018, et sa mise en service vers la fin 2020.

Questions du public

Lors de la période des questions, un intervenant a demandé pourquoi TransCanada avait privilégié une formule porte ouverte au détriment de débats publics. En réponse, Bruno St-Laurent, de TransCanada, a confirmé que l’entreprise avait privilégié 29 portes ouvertes. À la demande du président, TransCanada n’a pas fermé la porte à un ou à des débats publics.

«Il faut que ces rencontres soient encadrées pour avoir un débat productif avec les gens», a dit M.  St-Laurent.
Un intervenant a quant à lui soulevé ses inquiétudes concernant la corrosion possible du pipeline, dont 180 km longent les lignes électriques d’Hydro-Québec.

Un autre intervenant a demandé s’il était possible qu’il y ait éventuellement un terminal pétrolier d’exportation maritime au Québec. Sur ce point, Louis Bergeron a précisé que certains expéditeurs avaient manifesté un intérêt pour l’ajout d’une installation au Québec à celui déjà existant à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick.

Techniquement, dans le cas d’une conversion du terminal de Valéro à Lévis en exportateur, son approbation serait sous l’égide de l’Office national de l’Énergie s’il était démontré qu’il fait partie intégrante d’un projet de juridiction fédéral, ce qui serait le cas.

La commission d’enquête du BAPE traitera, mardi après-midi, des modes de transport des hydrocarbures et, par la suite, de la justification du projet.

Le projet de Énergie Est vise la construction d’un pipeline d’une longueur de 4600 kilomètres qui transportera environ 1,1 million de barils de pétrole brut par jour de l’Alberta et de la Saskatchewan vers trois raffineries de l’est du Canada: Valero à Lévis, Suncor à Pointe-aux-Trembles et Irving Oil au Nouveau-Brunswick.

Avec la collaboration de Samantha Velandia