Une histoire de vol, de zouaves et… de vélocipèdes


Publié le 31 mars 2017

L'auteur mariverain Pierre Breton.

©TC Média - André Boutin

LITTÉRATURE. > Quand il s’attaque à la rédaction d’un roman, Pierre Breton n’a pas le temps de faire le zouave! Mais il sait nous en parler par exemple.

Trois ans après la publication de son premier roman, Sous le radar, l’auteur de Sainte-Marie de Beauce et ancien rédacteur en chef du Beauce Média, nous offre Le zouave qui aimait les vélocipèdes, une saga qui débute dans les rues sales et transversales de Montréal en 1868.

Nous y faisons la connaissance de Séverin Lachapelle, un petit voleur dont le dernier larcin le met dans une situation délicate. Il a osé subtiliser de la vaisselle en argent au célèbre Saint-James Club, haut lieu de l’élite anglophone de Montréal.

Pris entre le puissant chef de police Fred A. Penton, qui tient à tout prix à retrouver le voleur, trois frères irlandais qui exigent qu’il épouse leur sœur pour l’avoir présumément mis enceinte, et un caïd qui veut lui casser les deux jambes pour une dette non remboursée, l’avenir de Séverin Lachapelle est plutôt sombre…

Gracieuseté

Mais une rencontre fortuite va changer son destin. Il s’agit de Toussaint Juchereau de Saint-Denys, un homme qui va représenter son illustre famille contre son gré au sein du prochain contingent des zouaves, corps militaire créé pour défendre le pape et le Vatican contre les armées de Garibaldi. Séverin lui propose alors de prendre son identité pour se rendre en Italie à sa place tandis que Juchereau restera à Montréal pour travailler dans le commerce d’une amie.

C’est ainsi que Séverin se retrouvera zouave à Rome où il connaîtra de multiples aventures. Pour ce qui est du vélocipède, nous vous laissons le soin d’en découvrir la raison à la lecture du roman.

Recherches

Pour recréer avec précision Montréal et Rome en 1868, il a fallu tout un travail de recherche de la part de l’auteur. «Merci à Internet», a-t-il lancé lors d’une entrevue chez lui jeudi. Pendant plusieurs mois il consignera tous les renseignements utiles à sa rédaction. «J’ai commencé par écrire la première portion du roman, qui se passe à Montréal, pendant que je poursuivais mes recherches sur Rome», a-t-il indiqué.

Ainsi, il a eu accès à des cartes d’époques et des photos anciennes. Il a également dévoré les journaux de la fin du 19e siècle, principalement La Minerve qu’on peut consulter sur le site de la Bibliothèque nationale du Québec.

Il a lu tous les renseignements disponibles concernant les contingents de zouaves québécois qui ont été envoyés à Rome pour défendre le pape. «Dans le fond, il ne se passait pas grand-chose pour les zouaves en exil. Ils sont partis pour faire la guerre, mais ils ne faisaient que des patrouilles en ville». En fait, la seule chose qu’ils avaient à tuer, c’était le temps.

À noter que tous les noms des zouaves mentionnés dans le roman sont réels, choisis à partir de listes officielles diffusées sur le web. Même chose pour plusieurs personnages historiques et événements qui parsèment les pages du roman.

Humour

Tout comme dans son premier roman, on découvre dans ce deuxième opus des personnages truculents qui ne respectent pas toutes les règles établies, mais qui ont quand même bon cœur puisque leurs rapines auront aussi pour effet d’aider des gens délaissés et démunis.

On saura également apprécier l’humour de son auteur, un humour qui se raffine et qui, sans vous soutirer des éclats de rire, vous fixe un sourire tout au long de la lecture.

Pierre Breton ne sait pas encore s’il y aura un troisième roman en chantier un jour ou l’autre. Malgré tout, il ose avancer que l’intrigue sera contemporaine.

Publié aux éditions du Boréal, Le zouave qui aimait les vélocipèdes est maintenant disponible en librairie.