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Un Joselois à la rencontre des élèves péruviens


Publié le 19 avril 2017

François Martineau, accompagné d'une étudiante bénéficiaire du projet, la mère de cette dernière, ainsi qu'une autre responsable d'Oxfam.

©Oxfam

François Martineau, 34 ans de Saint-Joseph-de-Beauce, est actuellement à Lima au Pérou. À titre de conseiller en développement organisationnel pour Oxfam-Québec, il travaille notamment auprès des élèves de 4e et 5e secondaire afin d’améliorer leurs chances d’accéder et de se maintenir en emploi à la fin de leurs études.

On procède ici à l'évaluation d'un projet de jeunes, qui consistait à confectionner et à vendre des bijoux.
Oxfam

En autres, il aide ces jeunes gens à renforcer les habiletés recherchées par les employeurs, dont la confiance en soi, le travail d’équipe, la résolution de conflits ou la créativité par exemple, ou encore à développer des connaissances de base en gestion de microentreprises.

Une classe de secondaire 5 dans une école concernée.
Oxfam

Dans le cadre de ce projet, il travaille aussi de concert avec les professeurs afin de les aider à ajuster leurs pratiques d’enseignement au marché du travail. « J’essaie de les aider à trouver des méthodes d’interventions innovantes qui aient un écho chez les jeunes, qui les motivent et leur donnent le goût de continuer. Il faut dire que dans la zone d’intervention, la fin du secondaire signifie la fin du parcours scolaire de bien des jeunes », a affirmé M. Martineau, conscient que ceux-ci sont vulnérables à la criminalité qui demeure élevée dans les quartiers périphériques de Lima.

L’idée derrière le projet est de donner à ces jeunes des opportunités plutôt que de les voir se tourner vers la criminalité.

François Martineau

À cet effet, le Beauceron ajoute que non seulement les besoins sont importants, mais par-dessus tout, le système éducatif péruvien est semi-privé, semi-public. « Cette cohabitation perpétue des inégalités qui sont ici très visibles et choquantes: les gens fortunés ont accès aux meilleures écoles, donc aux meilleurs emplois, pour des revenus permettant à leurs enfants d’avoir accès aux meilleures écoles, et ainsi de suite… »

Pendant ce temps, la grande majorité doit se contenter d’un système public sous-financé, aux infrastructures vétustes, avec des professeurs manquant de formation (puisque les meilleurs sont souvent recrutés par les écoles privées) et où les services aux étudiants sont presque absents.

« Par contre, il serait injuste de dépeindre la réalité d’ici uniquement comme misère et violence. Même si la réalité est parfois préoccupante, ce serait dommage que les Canadiens ne songent qu’à ça en pensant au Pérou. Durant mon séjour, j’ai rencontré des gens modestes mais brillants et déterminés, des jeunes avec un monde de rêves et d’idées, des jeunes contrevenants qui ne cherchent qu’à tirer leur épingle du jeu et qui au final ne feraient pas de mal à une mouche. Tout ça me donne beaucoup d’espoir. »

D'un point de vue plus personnel, il juge que les organismes partenaires sur le terrain ont une bonne connaissance du terrain, des enjeux et de leur réalité. Or, en tant qu’étranger, il peut leur apporter un regard nouveau sur leurs interventions. « Même si ce n’est pas tous les jours facile, je ne compte pas retourner au pays tout de suite; je rêverais de pouvoir redonner au Pérou autant que ce qu’il me donne à moi, mais ça, je doute fort pouvoir y parvenir. Je pense que je serais capable de sauter encore un hiver ou deux! »