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La double éclosion de Pâques

L’École des Puces: un organisme pas comme les autres.


Publié le 13 avril 2017

Les enfants de cinq ans ont pris dans leurs mains les petites cailles qu’ils ont patiemment surveillées durant la couvée de l’École des Puces de Saint-Lambert-de-Lauzon.

©Photo gracieuseté

PÂQUES. Les enfants de l’école des Puces de Saint-Lambert-de-Lauzon célèbrent pâques avec l’éclosion de cailles.

«Les garçons, il faut chuchoter autour du couvoir», murmure Raphaëlle Colbert alors qu’elle ouvre le couvercle de la boîte de styromousse contenant les derniers œufs sur le point d’éclore.

Six jeunes enfants se trouvaient mercredi matin dans le local du Centre des loisirs de Saint-Lambert. On les avait prévenus qu’il y allait avoir de la visite. Ils étaient tous assis en rond. On pouvait entendre les cailles piailler dans la cage à proximité. «Mes enfants de quatre ans étaient vraiment impressionnés. Ils disaient: on a donné la vie», raconte avec enthousiasme Raphaëlle Colbert, animatrice des ateliers de stimulation.

L’École des Puces a un je-ne-sais-quoi d’unique. Ce n’est pas une garderie ni une école de prématernelles. Elle n’est pas financée par Québec, mais vit de son autofinancement et de l’aide de la communauté. Pourtant, l’organisme sans but lucratif existe depuis déjà 31 ans.
«L’École est née d’un besoin de socialisation des femmes à la maison», raconte Éva Ketelsen, trésorière et mère d’un des jeunes.

Une centaine de personnes s’est réunie le 8 avril pour leur soirée de financement «Misez-juste» qui a eu un certain succès.

Enrichissant et abordable


Deux fois par semaine, Raphaëlle et un bénévole-parent conduisent les jeunes de trois à cinq ans aux ateliers de stimulation. «Depuis l’ouverture du CPE, on a moins de jeunes, mais l’École répond encore à un besoin de la communauté», croit Raphaëlle Colbert. En plus de donner un répit aux parents au foyer, l’École des Puces reste accessible à tous. Chaque atelier de deux heures coûte un maigre 5$ pour un total de 32 semaines par année d’activités. Elles sont basées sur un programme éducatif élaboré par des finissants en éducation spécialisée de l'Université du Québec à Rimouski (UQAR).

«J’avais une garderie en milieu familial auparavant», décrit Raphaëlle Colbert. «Ce qui est bien avec l’École, c’est qu’elle me permet de me concentrer davantage sur la préparation des activités qui amèneront les jeunes à se développer.» Le projet d’éclosion des cailles en est un exemple.

Les enfants autant que les oiseaux grandiront dans le couvoir de cette école pas comme les autres.