Appel à la paix et à l'amour d'Idrissa


Publié le 13 février 2017

Idrissa Fall, en compagnie de son épouse Sokhna Dramé et leur fille Mariama.

©TC Media – Hubert Lapointe

Idrissa Fall est originaire du Sénégal et est de religion musulmane. Il est aussi un mari, père de quatre enfants, citoyen mariverain depuis 2010 et fier travailleur joselois. De ce fait, il est de ceux pour qui respecter sa communauté d'accueil est un réel devoir.

Entre autres, M. Fall a confirmé avoir vécu un très bon accueil, notamment grâce à l'encadrement et l'accompagnement d'organismes tel le Comité d'accueil et d'intégration des immigrants (CAIDI) Beauce-Nord. « On ne se sent pas dépaysé grâce à cette hospitalité », dit-il. Cette sociabilité s'est également reflétée au sein de son équipe de travail, soit chez Régitex à Saint-Joseph, où il indique avoir été accueilli par des gens respectueux et ouverts d’esprit.

Puisqu'on ne pouvait pas passer à côté de la question, Idrissa Fall voit avec beaucoup de sérénité la tuerie au Centre culturel islamique de Québec, qui a fait six morts et plusieurs blessés le 29 janvier dernier.

En ce qui le concerne, l'événement est triste, mais c'est triste que ça se passe à la mosquée ou ailleurs, dès qu'il y a mort d'hommes. « Lorsque les gens ignorent, il y a toujours une barrière de méfiance. Et lorsque les gens se font justice eux-mêmes, c'est là qu'il y a des problèmes. C'est plus simple de poser des questions. Une personne raisonnable peut faire des démarches et aller à la source. Un homme qui a appris la tolérance ne ferait pas ça. Plus tard, il va regretter son geste », a-t-il commenté, convaincu que les musulmans en feront un événement qui nourrira encore plus leur foi.

Dans le même ordre d'idées, M. Fall désapprouve totalement les attentats terroristes posés parfois par des fanatiques. « Les gens jugent les musulmans, mais les intentions ne sont pas musulmanes. Ce n'est pas parce qu'on est arabe qu'on connaît la religion. L'islam n'est pas une religion qu'on peut faire dans le tâtonnement. »

Si tout le monde gardait sa foi, on vivrait dans l'harmonie, car toutes les religions ont un projet basé sur la paix et l'amour. Idrissa Fall

Une religion ouverte

Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la religion islamique n'est pas complètement rigide. À en croire le Beauceron d'adoption, c'est même tout le contraire. Il est d'ailleurs très facile d'être croyant, puisque la religion a établi des codes adaptés à toutes les situations.

Par exemple, une personne seule, malade, ou même qui réside dans une zone où la prière est interdite peut trouver une manière de pratiquer. Et il n'y a pas d'obligation d'aller à la mosquée lorsque celle-ci se trouve à une certaine distance de la famille. M. Fall ne peut pas non plus imposer la culture arabe à son entourage. « Point de contrainte dans la religion. C'est écrit noir sur blanc dans le Coran. »

Qui plus est, bien que la majorité de la population est musulmane au Sénégal, il s'agit d'une république dite laïque, car on ne souhaitait pas imposer de croyances aux personnes catholiques.

« Mon message, c'est que toutes les religions appellent la paix. Il faut apprendre à voir l'autre, qui qu'il soit, comme soi-même. Pour ne pas se blesser soi-même, il faut éviter de faire mal à l'autre. Il faut être tolérant, ouvert d'esprit et prêt à pardonner quel que soit le moment. C'est comme dans la Bible, quand on dit “si on te frappe sur la joue gauche, présente-lui la joue droite”. La religion, c'est la paix, et tant qu'on n'arrive pas à la paix, il faut se remettre en question. »