Les Beaucerons sont croyants… quand ça compte!


Publié le 18 janvier 2017

Certaines messes ou activités spéciales attirent toujours les foules.

©Ghislaine Crête

Oui, et depuis plusieurs années déjà, la population en général a délaissé les églises dans leur quotidienneté. Par contre, la foi catholique semble enracinée dans le cœur de bien des âmes beauceronnes, qui prennent le chemin du temple chrétien dans les moments clés de leur vie.

À Sainte-Marie, brièvement, l'abbé Patrice Vallée a notamment remarqué que la mentalité autour des mariages a grandement changé. En effet, les couples qui décident de célébrer leur amour sont (souvent) plus âgés aujourd'hui qu'auparavant. « Ce ne sont pas nécessairement des gens très croyants, mais ils veulent donner cette couleur-là à leur engagement. Ils ont moins de craintes face à la durée de leur mariage. Ils ont construit le matériel en premier, et c'est correct aussi. Ils veulent s'engager définitivement », a-t-il affirmé.

Même s'ils ne pratiquent pas, les gens se considèrent catholiques parce qu'ils ne veulent pas être d'autres choses. Patrice Vallée

Pendant ce temps, la participation aux messes dominicales diminue au rythme des décès de ses participants, mais les messes spéciales (Noêl, Pâques et autres) attirent davantage de gens. De plus, le baptême demeure essentiel pour plusieurs, même chez les jeunes couples qui ne sont pas mariés. Un phénomène qu'il attribue notamment à l'encadrement familial dans notre région. Enfin, la demande demeure forte pour les personnes en fin de vie et pour les funérailles, où, par contre, la réflexion religieuse a beaucoup laissé sa place à l'aspect « hommage » de la cérémonie.

« Il nous est difficile d'entrer dans un milieu, mais on est toujours là dans les grands événements de la vie: naissance, baptême, mariage, maladie et mort. Ce sont des occasions pour les individus de se poser des questions sur le sens de leur vie », de lancer l'abbé Vallée, en ajoutant qu'il est toujours possible d'entreprendre un cheminement de foi. « Dans l'avenir, on garde les portes ouvertes à ceux qui voudront s'approcher de notre église.»

L'abbé Patrice Vallée invite les gens à s'impliquer dans leurs communautés.
TC Media – Hubert Lapointe

Du côté de Saint-Joseph, l'abbé Victor Bernier a fait les mêmes observations: une légère diminution des baptêmes, une grande fluctuation des mariages. « Les gens ont un fond de croyance. Ils ne vivent plus leur foi de la même façon, mais quand arrivent des circonstances particulières, les gens sont là », dit-il.

Par exemple, il est vrai qu'il y a moins de confirmations d'enfants, mais il y a davantage d'adultes qu'avant qui entreprennent la démarche. « Les gens sont motivés lorsqu'ils doivent être parrains ou marraines. Ils découvrent souvent leur foi pendant leur cheminement. C'est très positif. »

L'union fait la foi

Depuis le 1er janvier dernier, les 12 communautés dont est curé l'abbé Victor Bernier sont devenues une seule unité: la paroisse Sainte-Famille. Enthousiaste dans le changement, M. Bernier a expliqué que cette façon de faire vise à centraliser l'administration de la paroisse, dont les cours de préparation au baptême, mais les baptêmes eux-mêmes seront encore célébrés dans chacune des localités. « C'est encore embryonnaire », a-t-il soulevé.

En Nouvelle-Beauce, le regroupement des 10 municipalités sera effectif à compter de janvier 2018. Le nom de la paroisse reste à déterminer. Il faut savoir qu'il y avait six prêtres à temps complet dans la région il y a 15 ans, et d'autres venaient même en renfort les fins de semaine. Maintenant, ils ne sont plus que deux à temps complet et deux autres les week-ends.

« Le but n'est pas de fermer les églises. Il y a une certaine opposition parce que les gens ont peur de perdre leurs couleurs locales, mais tant qu'il y aura des gens prêts à s'impliquer au sein des communautés, tout va pouvoir continuer », a lancé l'abbé Vallée, en précisant que le grand défi des prochaines années sera de trouver ces personnes.