Une campagne est en cours sur la consommation de l'urgence en Beauce


Publié le 16 mars 2017

L'amélioration de la situation à l'urgence est l'affaire de tous selon Annie Prévost et Dre Marie-Anne Gagnon.

©TC Média - Jean-François Fecteau

Le Centre intégré de santé et services sociaux de la Chaudière-Appalaches (CISSS-CA) mène une campagne de sensibilisation sur la consommation des soins de son urgence afin de favoriser l'accès à l'Hôpital de Saint-Georges.

Selon Dre Marie-Anne Gagnon, la présence d'un trop grand nombre de cas mineurs ou non urgents aux urgences provoque des délais d'attente et de l'irritation tant chez le personnel que la clientèle. «Notre système de santé est super beau, mais il s'épuise. Je suis convaincue que l'amélioration de l'accessibilité des soins de santé, c'est l'affaire de tout le monde», partage l'urgentologue oeuvrant à Saint-Georges depuis 2012.

Près de la moitié des cas se présentant à l'urgence sont considérés non urgents ou mineurs à Saint-Georges, alors que 92 % d'entre eux ont un médecin de famille.

La directrice adjointe des soins infirmiers pour le volet réorganisation des services à l'urgence au CISSS-CA, Nancy Catellier, rappelle que ce n'est toutefois pas la faute de la population que la situation est ainsi. «Les gens n'avaient tellement pas accès à un médecin de famille auparavant. Lorsque tu as mal et tu as des symptômes, l'endroit à aller, c'est l'urgence. Cela a duré un certain temps. Les gens se sont donné cette façon de faire-là. Aujourd'hui, nous voulons renverser la vapeur et les éduquer à vraiment consulter au bon endroit et au bon moment», indique Mme Catellier.

Mieux outiller la population

Depuis plus d'un mois, lorsque les gens se présentent à l'urgence avec un cas non urgent, le médecin lui remet une feuille où il est inscrit les alternatives au lieu de venir à l'urgence. «Le médecin ne refusera jamais de voir un patient. Lorsqu'ils connaîtront les alternatives à l'urgence, nous allons voir des améliorations. Ça diminuera les délais d'attente pour les patients qui en ont vraiment de besoin», souligne Annie Prévost,  infirmière et chargé de projet pour le volet consommation des services d'urgence.

Dans l'urgence, on retrouve plusieurs affiches et des dépliants démontrent ces fameuses alternatives pour traiter les problèmes de santé non urgents et qui ne nécessitent pas de soins immédiats. La campagne valorisera la prise de rendez-vous ou l'inscription au sans-rendez-vous en clinique de santé ou à un Groupe de médecine de famille (GMF). Le service d'Info-Santé (8-1-1), le portail web Santé et mieux-être et le CLSC sont également des endroits où les gens peuvent consulter. De plus, la campagne du CISSS-CA rappelle à la population que les pharmaciens peuvent aussi les conseiller et même prescrire certains médicaments.

«Nous voulons offrir le bon service au bon moment, et ce, au meilleur coût. Le but est accroître l'efficience et l'efficacité du réseau en favorisant et simplifiant l'accès au service de la population. Il faut un accès simple puisque notre population est vieillissante», précise Mme Prévost.

Exemples de mauvaises consommations

Certains patients croient injustement que de prendre une ambulance est le meilleur moyen de se faire traiter sur-le-champ aux urgences. «C'est un mythe. Si votre état est jugé non urgent, ce n'est pas parce que vous arrivez par ambulance, que vous allez voir un médecin plus rapidement. Si des cas sont plus urgents dans la salle d'attente, ce sont eux qui auront la priorité», insiste Dre Gagnon.

L'urgentologue déplore que bon nombre de cas d'infections chez l'enfant, dont l'état général est bon, et bien des patients ayant des douleurs musculo-squelettiques depuis plusieurs semaines consultent les urgences alors qu'ils auraient pu attendre une consultation en clinique ou dans un GMF.

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